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jeudi 20 mars 2008

Merde-je-suis-casé-et-c'est-génial

Raconter sa vie sur un blog, ce n'est franchement pas si difficile. Là où l'activité se fait défi, c'est lorsqu'il est question de rendre la-dite vie intéressante. Romancer, nuancer, imager, mettre en scène, tenir en haleine, rebondir et réinventer ne sont pas à la portée de tout le monde. Moins encore quand il s'agit de le faire bien.


Alors certes (notez la vilaine faute de langage dans l'utilisation de ces deux mots conjointement, et tout ça juste pour appuyer un propos peu éloquent), mon illustre personne n'a plus rédigé d'article en ces lieux depuis une relative petite éternité. Et certes again, cet abandon a du emplir de tristesse et de désespoir bon nombre de fans, dont une proportion non négligeable du sexe féminin. Pardon aux suicidées, bisou aux autres.
Il faut tout de même bien avouer une chose : il est plus plaisant de raconter son petit quotidien lorsque celui-ci est fait d'imprévus, de rencontres et de nouveautés. En somme, le blog d'un célibataire me semble meilleur parti que celui d'un quidam bien rangé. Sauf si ce dernier a fait le choix d'un sujet bien particulier, après tout même les hommes mariés peuvent s'y connaître en cuisson de flageolets. Revenons-en à nos moutons (en ragoût, avec les flageolets) : pour raconter sa petite "everyday life" sur un blog, mieux vaut être célibataire. C'est plus enrichissant pour le lecteur, et plus flatteur pour le blogueur (non-je-n'écrirai-pas-écrivain).

Tout ça pour dire, non que je me cherche une excuse pour mon absence prolongée, mais bel et bien qu'une heureuse élue m'a mis le grappin dessus, comme on dit. Oui moi qui il y a à peine plus de deux semaines, clamait encore haut et fort les avantages de l'indépendance et l'ivresse de la liberté sexuelle, 'ben j'ai trouvé une fille qui m'plait.
Et puisque le lecteur de blog est comme un fan de séries télé qui aime suivre le fil, nous l'appellerons ici Loulou. Ah ben oui, l'article précédent parlait d'elle. Ah ben oui, c'est peut-être un peu à cause de la situation que je n'écrivais plus grand chose ici. Ah ben oui, j'ai bien foutu la merde au sein du petit cercle d'amis habituel. Ah ben non, vous n'aurez pas les détails petits curieux, de toute façon les choses se sont arrangées. Ah ben non, je ne regrette pas, ça en valait vraiment la peine. Ah ben oui, je tiens vraiment à Loulou et si je lui avais déjà dit je pourrais presque écrire ici que je suis amoureux. Ah ben oui, merde je suis casé et c'est génial.


PS : pour les gens en attente de croustillant, demain je vous raconterai la nuit dernière, ça parle d'accident de voitures, de flics, de menottes, de black, de slam, de café et de parents qui ne dorment pas.

lundi 25 février 2008

De mon entrée dans la blogosphère

Ce mot est un barbarisme linguistique, mais j'assume.


Pourquoi je crée un blog ? Pourquoi venir raconter ma vie ici, alors que je m'étends déjà avec tant de talent sur mes trépidantes aventures en d'autres lieux plus braiSNtorming ? Pourquoi perdre mon temps à écrire de petits paragraphes sur ma petite vie, quand je pourrais écrire de longs chapitres de romans à longs succès ?

Mais pour la blogosphère, bien sûr ! Pour ce terme grossier, qui ne désigne pas moins qu'une des plus intéressantes avancées sociales de notre génération ! Entre autres réseaux sociaux, Facebook à l'interface repoussante, MySpace le déjà-bientôt-oublié, VIP Area ou Parano les marginaux à la mode, le petit phénomène du blog n'est pas nouveau. Et pourtant, il subsiste. Malgré Skyblog le fléau et autres famille-durand.fr, le concept persiste à exister et semble toujours avoir son petit succès. 
Des dizaines, centaines de commentaires par jour pour dire que Oui, Charlie, on aime ce que t'as fait hier soir. Des millions d'internautes dans le monde, cyber-addict à la vie des autres, c'est pas beau ça peut-être ? On s'extasie pour le quotidien de M. Toutlemonde, et M. Toutlemonde devient une demie-star malgré elle, un génie de la mise en scène qui peut vous faire kiffer le récit de son dernier passage chez Auchan plus qu'un film de Spielberg. Le summun du palpitant étant lorsque notre protagoniste préféré est en phase de rencontre avec l'âme-sœur ou juste un peu perverse. M. Toutlemonde a réussi là où ses parents et arrières grands-parents avaient échoué après les désillusions de la post-adolescence : il est admiré. Il a des fidèles. Sa vie a un sens, et il a un objectif : écrire, tous les jours, pour parler de lui. Les auteurs a succès du 21e siècle seront des M. Toutlemonde et des Mlle Moiaussi. Notre époque a fini de baver devant Brad et Angelina, elle veut du commun. De la normalité, du probable et du palpable. Elle veut se masturber devant sa propre vie incarnée par des acteurs plus moches qu'elle-même, et déblatérer en soirées mondaines au pub du coin sur le dernier film érotique primé aux Oscars. Elle veut faire de M. Toutlemonde un écrivain reconnu et de Mlle Jeuneauxseinsfermes une pop-star académique

Et moi dans tout ça, Moi le vous-en-Mieux, je continue de me passionner pour l'intérêt social de la chose. Internet est l'invention qui aura permis à M. Toutlemonde de parler au monde, et au monde de l'écouter. Les gens communiquent, certes de façon différente, mais en explorant de nouvelles possibilités. On se découvre tout en découvrant les autres, et l'on peut se construire un nouveau personnage ou choisir de développer le sien. Les rencontres prennent une autre dimension, on se retrouve sur MSN après s'être croisé IRL et s'être envoyé quelques SMS, puis on se revoit de nouveau IRL et peut-être dans un lit ou dans un verre d'alcool.
Mon admiration pour cette génération connectée du bout des doigts n'a pas finie de se manifester, et je sens qu'elle me destine à partager encore un certain nombre d'événements avec vous. Aujourd'hui, c'est une étape de plus dans mon expérimentation de notre société sociable, c'est mon entrée dans la blogosphère.


- Dimanche vers 4h du matin, avant de quitter le Del Sol :
"Tu veux combien d'enfants ?"
- Dimanche à 12h58 par mail :
"Dis, ça veut dire quoi quand on demande à une fille combien elle veut d'enfants  ?"